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Instruire sans école un enfant à haut potentiel


Au sommaire
Sans école, beaucoup de zèbres?
Instruire un zèbre avec des cours par correspondance
Instruire un zèbre sans cours par correspondance

Sans école, beaucoup de zèbres?

Régulièrement on entend deux idées aussi erronées l'une que l'autre :
1/ Quasiment tous les enfants sans école sont à haut potentiel.
2/ Normal que ton enfant sans école soit aussi curieux, qu'il ait tant de connaissances, il est à haut potentiel.

1/ Quasiment tous les enfants sans école sont à haut potentiel

Dans mon billet "Drôle de zèbre : identifier un haut potentiel", je précise que le haut potentiel est un mode de fonctionnement cérébral particulier.
Par logique, tous les enfants sans école ne sont pas zébrés.

D'autre part, s'il est possible d'encourager et/ou pousser un enfant pour que les chiffres de son quotient intellectuel grimpe, on ne peut pas le transformer en zèbre, toujours pour une question de fonctionnement cérébral différent.

Cependant, il est vrai que beaucoup d'enfants sans école sont à haut potentiel, plus fréquent encore qu'ils soient à haut potentiel avec trouble dys ou autre. Nombre de ces enfants souffrent de ne pas avoir reçu les réponses nécessaires à leurs besoins à l'école.

2/ Normal que ton enfant sans école soit aussi curieux, qu'il ait tant de connaissances, il est à haut potentiel.

Ce peut être vrai, ce n'est pourtant pas la raison principale.
En effet, sans école, l'enfant et l'adolescent ont plus de temps pour vivre leurs passions et leurs intérêts.
Lorsqu'en plus, on prend l'habitude de suivre les intérêts de l'enfant, la curiosité de celui-ci grandit!

Si on reprend les différentes idées énoncées dans cet article et extraites du site Eduscol, on s'aperçoit que toutes ces propositions profitent largement à chaque enfant et vont entretenir la curiosité et développer les connaissances, zébritude ou pas!
  • Proposer une tâche où l'élève va jouer un rôle dans le groupe: un programme centré autour de l'enfant profite à chaque enfant.
  • Travailler la méthodologie: l'enfant sans école apprend l'autonomie, il apprend donc à s'organiser, à se projeter, à chercher les informations.

  • Apprendre à apprendre : L'enfant libre n'apprend pas à apprendre, il apprend parce qu'il veut apprendre et finalement c'est le meilleur moyen d'apprendre.
  • Réaliser des productions novatrices: pièce de théâtre, travaux manuels, vidéos. Quel enfant n'aurait pas envie de s'impliquer en utilisant des "outils novateurs"?
  • Adapter le rythme d'apprentissage et les méthodes : essence même de l'instruction en famille.
  • Sport, culture et art peuvent favoriser la curiosité intellectuelle et relier le corps à la réalité. Des approches multiples favorisent apprentissages et intérêt!
  • Mettre à sa disposition des ressources. Un enfant libre d'école dont on suit le programme personnel, à qui on propose des ressources s'investit et consulte des ressources, avec ou sans zébritude, c'est une question d'intérêt. ☺
  • Utiliser l'outil numérique pour que ce soit plus ludique. Quel enfant ne serait pas intéressé?
  • Enrichir et approfondir le contenu en proposant plus d'informations, en allant au-delà. Si c'est particulièrement important pour les zèbres, cela profite à tous et les enfants non zébrés vraiment intéressés par ce qu'ils font sont souvent ravis d'enrichir et approfondir !
  • Lui proposer des activités en autonomie.  Là encore ce sera valable pour un enfant sans école non zébré. Les apprentissages autonomes, le libre-schooling respectent le désir d'autonomie de l'enfant. ☺
Plaidoyer pour l'instruction en famille? Selon moi, en l'état, le système scolaire permet difficilement de nourrir vraiment chaque enfant. Cela ne signifie pas que j'invite tout le monde à tenter l'expérience, différents autres facteurs entrent en ligne de compte et d'ailleurs j'ai centré en partie mon dernier ouvrage (Faire l'école à la maison) sur une réflexion utile avant de se lancer. Mais revenons vers notre zèbre. ☺

Instruire un zèbre avec des cours par correspondance

Un bon nombre de zèbres sans école suivent les cours du CNED réglementé.
En effet, un certain nombre ont été victimes de harcèlement scolaire, d'autres souffrent de phobie scolaire.
Les besoins éducatifs particuliers reconnus peuvent ouvrir droit au CNED réglementé (donc gratuit de 6 à 16 ans).

D'autres familles optent pour le CNED libre (sans accord de l'inspection académique, payant donc) ou pour des cours par correspondance.

Un certain nombre d'enfants et adolescents à haut potentiel apprécient, en particulier les cours Hattemer ou PI. Ils peuvent accélérer leur cursus ou bien terminer rapidement l'année scolaire prévue et consacrer le reste du temps à leurs propres projets.
Ils ont du temps pour apprendre dans d'autres domaines, se lancer dans un projet annexe.

Instruire un zèbre sans cours par correspondance


Certains électrons libres ou profils complexes (zébritude et dys par exemple) n'apprécient pas les cours par correspondance. Au contraire, ils rencontrent avec ces cours des difficultés et un "dégoût" similaires à celui ressenti pour l'école.
Les cours restent en effet "scolaires" avec des leçons, des exercices et des devoirs. Ils sont programmés et donc non conformes à leurs intérêts.
Des familles choisissent alors d'instruire eux-mêmes leur enfant sans cours par correspondance. Si l'enfant est peu réceptif au modèle de l'école, le modèle de l'école plus ou moins reproduit à la maison risque de poser de nouveaux soucis. Il est alors possible d'opter pour deux solutions:
  • un modèle "laboratoire de découvertes" où l'enfant suit tour à tour une instruction dirigée et une instruction "apprentissages autonomes".
  • un modèle "libre d'apprendre" où l'enfant devient pleinement acteur de ses apprentissages puisqu'il est libre de choisir ses apprentissages. 
En italique, je rebondis sur les propositions partagées sur Eduscol.
  • Ainsi l'enfant est libre d'écrire, il peut attendre d'y être prêt ou utiliser un clavier. Ses apprentissages ne sont pas freinés par une écriture récalcitrante.
  • Il ne réalise pas d'exercices répétitifs et au contraire peut réaliser des "travaux" complexes.
  • Il peut réaliser plusieurs projets ou choses en même temps.
  • Un sens peut être donné à l'orthographe. Ajout : mais également à tout ce qu'il entreprend puisqu'il est acteur de ses apprentissages. 
Et surtout il voit où il va puisqu'il a choisi de s'investir dans tel ou tel apprentissage qui correspond à un intérêt naturel de l'enfant ou adolescent ou un intérêt éveillé par le parent sans école.

Lorsqu'il en a, l'enfant en vient même régulièrement à oublier les difficultés d'apprentissage qui sont les siennes! Entièrement occupé par ses intérêts, par les adaptations mises en place par son parent, il grandit et aime apprendre.
Malheureusement celles-ci poseront plus de soucis au moment des examens et des codes scolaires à maitriser, mais en attendant il savoure le bonheur d'apprendre!

Enfin, il est utile de l'encourager à de nombreuses activités créatives: projets personnels, recherches, mais aussi activités physiques et artistiques. En effet le zèbre a tendance à intellectualiser tout ce qu'il fait, à être plus présent dans son esprit que dans son corps. Il est donc important de l'amener à investir ce dernier trop délaissé, ce nouvel investissement lui permet ainsi de s'exprimer et mieux gérer ses émotions. C'est sans doute plus important encore pour les enfants et ados à profil complexe qui peuvent ainsi s'exprimer autrement et prendre conscience de leurs dons. Pour que l'effet soit réellement positif, évitons les jugements de valeur. Pour cela, on peut proposer des activités totalement libres et éventuellement d'autres plus dirigées mais si un conseil peut être donné, il est important qu'il soit entouré de tous les points positifs. ☺

Pour aller plus loin, retrouvez différentes pistes sur Apprendre avec bonheur, mon blog nourri notamment de mon accompagnement de zébrettes. 

Merci d'avoir lu cet article et à bientôt !
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